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25 septembre 2012 2 25 /09 /septembre /2012 19:31

Pour refonder l'école, la bâtir sur de nouvelles bases, il faudrait:

  1. Changer les représentations collectives sur la finalité du système éducatif français. Ce dernier est obsédé à l'heure actuelle par la transmission des savoirs savants aux élèves. Ne pourrait-il pas diriger ses priorités vers l'accompagnement du jeune dans son développement intellectuel? la France  appartient au modèle latin. Et si elle infléchissait  ses projets vers le modèle dit différencié dans lequel être différent, apprendre moins vite que l'autre, c'est normal. C'est tout simplement humain.
  2. Arrêter de normaliser le développement de l'enfant. A tel âge, il doit être capable de..... Non. ....Dans une famille, les parents ne qualifient pas leur cadet de crétin parce qu'il a marché ou parlé moins tôt que l'aîné?
  3. Penser que les conditions de travail subies par les élèves durant leur journée scolaire sont un des premiers facteurs d'inégalité des chances. On ne peut plus sélectionner les élèves en fonction de leur résistance à des contraintes insupportables fixées par les adultes;

Si les décideurs investissent ces trois projets alors, oui, on pourra être fier de l'Ecole de la République.

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26 juillet 2011 2 26 /07 /juillet /2011 13:07

 

Que faire en tant que parents pour aider son enfant à réussir son année scolaire?

 

Première condition: faire en sorte que son enfant ait ses besoins de sommeil respecté :  Le sommeil est indispensable pour mettre en mémoire ce qu'il a vécu et appris pendant la journée qui vient de s'achever et pour qu'il soit dans un équilibre positif pour vivre la journée qui va commencer.

 

Deuxième condition : faire en sorte que quoi qu'il vive il reste toujours confiant dans ses capacités à réussir à apprendre. La peur de la note, la perte de confiance en soi empêchent tout simplement le cerveau de continuer à construire de nouvelles mémoires.

 

Troisième condition : ne jamais critiquer devant lui ses enseignants ou les responsables et administratifs de son établissement scolaire quoi que vous pensiez de leurs comportements ou pratiques. Mieux vaut privilégier le dialogue direct entre adultes.

 

Quatrième condition: l'engager à développer un trait de personnalité appelé conscience du travail à faire ou être consciencieux. Le goût de l'effort passe par le fait qu'il donne du sens à ce qu'il apprend, qu'il a compris que quand il commence une tâche il doit aller jusqu'au bout de sa réalisation -  à vous parents d'être raisonnables dans vos exigences, bien sûr -, qu'il a du plaisir à apprendre - Il ne s'investira pas dans un travail scolaire qui n'est que souffrance pour lui-.

 

En bref, parents ce que vous devez faire c'est lui donner un cadre de vie basé sur une relation  respectueuse de ses besoins biologiques et émotionnels la plus positive possible pour qu'il puisse faire ce difficile travail qui est celui qu'on  lui mpose dans toutes nos écoles de la maternelle au lycée et même au delà. Je ne parle pas içi de contextes matériels basés sur la capacité que vous auriez à être de grands concommateurs. Non, c'est tout simplement comprendre que pour que votre enfant puisse faire son métier d'élève il y a des conditions à respecter  

 

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9 mai 2011 1 09 /05 /mai /2011 12:02

 Et si nous pensions à la formation professionnelle des adultes….

 

 Le projet  de cette courte réflexion est d’affirmer l’évidence que toute situation de transmission de savoir, savoir faire ou savoir être vers l’adulte en formation et/ou en construction de nouvelles compétences, doit s’appuyer en priorité sur la prise en compte des personnes elles-mêmes en formation. L’approche ergonomique des situations de formation exige que tous les choix pédagogiques c'est-à-dire organisationnels, que tous les dispositifs didactiques c'est-à-dire les objectifs de compétences à faire acquérir et la façon dont elles sont transmises ou autrement dit l’ingénierie des savoirs, permettent à celui qui est en formation d’apprendre. La compréhension de la situation d’apprentissage doit s’appuyer sur la recherche en permanence du meilleur équilibre possible entre l’opérateur en formation et les caractéristiques organisationnelles, pédagogiques, didactiques de la situation  d’apprentissage.

Nous proposons plusieurs axes de réflexion :

1  La conception ergonomique de la situation de formation

Cette approche amène à faire le constat qu’aucun paramètre contextuel  n’est neutre dans la situation de formation afin que l’adulte puisse avoir un développement intellectuel en harmonie avec ses propres projets et ceux des formateurs et de l’entreprise dans laquelle il est déjà, où il sera plus tard.  

2 Les pratiques pédagogiques en formation

 L’adulte doit pouvoir construire de nouvelles compétences en s’appuyant sur son histoire personnelle.

Les pratiques d’évaluations  doivent s’appuyer sur l’exigence de sens et de sentiment de sécurité pour l’adulte stagiaire, usager en formation.

3  L’importance des compétences métacognitives au-delà des objectifs didactiques souvent réducteurs.

Ce même adulte a besoin d’outils cognitifs pour s’approprier des compétences professionnelles nouvelles. Cette condition fondamentale pour accompagner le développement du sujet humain semble trop souvent oubliée dans les plans de formation.

Les  cibles  à atteindre pour les personnes en formation, au delà  de la maîtrise des savoirs professionnels en jeu dans la situation  d’apprentissage,  sont :

-         Apprendre à se connaître soi-même

-          Garder l’estime de soi (développer des compétences émotionnelles)

-          Apprendre à apprendre (développer des compétences métacognitives)

-          Apprendre à communiquer

4  Clefs pour construire un dispositif de formation pour adulte efficace.

En bref en s’appuyant sur l’approche ergonomique des situations de formation enrichie des connaissances extraites du champ des neurosciences et de la psychologie cognitive nous sommes en capacité de définir les caractéristiques d’une formation professionnelle performante. Nous affirmons que l’ambition de toute formation professionnelle est d’accompagner non seulement un opérateur à un instant précis de son histoire professionnelle mais aussi un individu en construction tout au long de sa vie.  Les formateurs, les entreprises ou autres organisateurs ne doivent jamais oublier que l’opérateur et l’individu ne sont qu’une seule et même personne s’ils ont pour ambition d’inscrire leurs actions de formation dans un projet de développement durable…

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31 mars 2011 4 31 /03 /mars /2011 14:03

 

 Le secret de l’Éducation passe par le respect de l’Élève, écrivait le poète américain Emerson (1803-1882)

 

Une visite récente au Québec m’a fait prendre conscience que les systèmes éducatifs que ce soit ici en France ou là-bas au Canada sont confrontés à de vrais problèmes (horaires scolaires lourds, travail à la maison intense, restauration collective inadaptées aux besoins des élèves, gestion aléatoire des personnels enseignants, etc.)  Cependant ces réalités communes  n’ont pas les mêmes conséquences sur l’efficacité des systèmes respectifs  (enquête PISA qui situe le Québec en 4ème position et la France en 25ème position par rapport à un ensemble de compétences maîtrisées par les élèves en fin de scolarité obligatoire). Cet écart peut être justifié par la conception que chacun des pays a des situations d’apprentissage scolaires. Le système canadien s’appuie sur l’idée qu'il doit accompagner le jeune dans son développement alors que système éducatif français se donne pour objectif premier de transmettre des savoirs aux élèves.  Ce qui m’a le plus marquée là-bas c’est la qualité de la relation  jeune - adulte et l’empathie qui anime le lien professeur-élève. Pas de violence verbale des adultes vers les élèves. En France l’évaluation sanction marque de façon criminelle la culture scolaire alors que l’encouragement à mieux faire est une attitude quasiment systématique de l’enseignant québécois. Les élèves sont évalués de manière toujours positive en pourcentage de compétences acquises. En France ils sont sanctionnés par rapport à ce qu'ils ne savent pas ! Que de violences inutiles et délétères!

Certes, l’origine des souffrances vécues par les élèves dans les établissements scolaires sont multiples. Nous ne voulons pas sous-estimer l’impact du harcèlement psychologique entre élèves sur le mal être ressenti par beaucoup trop d’élèves. Harcèlement psychologique avec ses effets désastreux qui s’expriment par la phobie scolaire, le jeune ne veut plus aller à École parce qu'il ne peut plus y aller.

 Le harcèlement peut également engendrer un état  dépressif associé à la chute des résultats, à des troubles des apprentissages et à un désintérêt pour l'école. Avec en plus tout le cortège de symptômes qui accompagnent une dépression : troubles du sommeil, agressivité en direction de l'entourage ou encore en sa propre direction.   

N’oublions pas tous ces malheurs. Mais cependant le traitement de tous ces problémes révélés dans les comportements exprimés par un certain nombre d'élèves devrait nous interroger sur  la posture imposée aux élèves par une culture commune et partagée sur l'école par  la plupart des adultes.

Il est dit et redit que la finalité de l’École en France, définie dans tous les textes, les lois et cadres institutionnels qui la régissent, est de transmettre des savoirs savants, des savoir faire et des savoir être aux élèves. Tout est mis en œuvre par les enseignants pour atteindre ces objectifs. Je nous pose alors ces questions : Pourquoi ne pas développer une vision plus globale et une approche plus humaniste des situations scolaires ? Stigmatiser publiquement les élèves qui apprennent moins vite que les autres pour qu’adolescents ils soient en rébellion vis à vis de ce monde qui les fait tant souffrir ? Ils s'en prendront au "bon " élève qualifié de "lécheur" et ils l'harcèleront jusqu'à la mal traitance physique.Est-ce cela la finalité de l’Ecole ? Pourquoi ne pas  créer un climat de confiance à l'Ecole afin que chacun  avec ses différences s'y sente bien?  Pourquoi refuser de comprendre que chaque choix organisationnel, technique ou humain qui est fait doit avoir une ambition première qui est de respecter les besoins fondamentaux des enfants, adolescents pour qu'ils puissent réaliser  leur travail  d’élève ? Respecter le jeune afin qu'il s’approprie cette valeur et l’exprime à son tour y compris vis-à-vis des autres élèves. Si  les adultes ne sont pas, pour le jeune qui apprend en observant le monde qui l'entoure, référents et modèles dans l'expression des valeurs qui guident les relations interpersonnelles, alors l’Ecole aura du mal à atteindre son objectif premier qui est d'accompagner tous les élèves vers la vie d’adulte qu’ils espèrent. Et la santé de notre société ne peut qu’en pâtir…..

 

 

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9 janvier 2011 7 09 /01 /janvier /2011 20:42

 

Transformer l’École : des perspectives pour 2012

 

L’ergonomie comme arbitre des changements

 

 

 

 

« Nos mauvais élèves (élèves réputés sans devenir) ne viennent jamais seuls à l’école. C’est un oignon qui entre dans la classe. Quelques couches de chagrin, de peur, d‘inquiétude, de rancœur, de colère, d’envies inassouvis, de renoncements furieux accumulés sur un fond de passé honteux, de présent menaçant, de futur condamné. »

  Daniel Pennac

Chagrin d’école p.70 2007

 

 

Si nous voulons trouver de nouveaux leviers pour faire évoluer le système éducatif, acceptons l’idée qu’en premier lieu il convient de changer les représentations collectives sur l’École.

La finalité de l’École, définie dans tous les textes, les lois et cadres institutionnels qui la régissent, est de transmettre des savoirs savants, des savoir faire et des savoir être aux élèves. Pourquoi ne pas développer une vision plus globale et une approche plus humaniste des situations scolaires ? Dans cette perspective, l’ergonomie propose de comprendre l’école comme un système dans lequel tout est important : la didactique bien sûr, les modalités pédagogiques évidemment, mais aussi et au même niveau d’importance, l’aménagement des temps, la durée des séances, leur planification sur la semaine, les contextes périscolaires et extrascolaires.  Chaque choix organisationnels, techniques ou humains qui est fait devrait avoir une ambition première qui est de respecter les besoins fondamentaux des enfants, adolescents et même adultes pour qu’ils puissent réaliser  leur travail  d’élève, d’enseignant ou d’éducateur. Si ce préalable n’est pas satisfait, l’Ecole ne peut permettre à tous les élèves de construire des outils pour suivre leurs propres chemins personnels vers la vie d’adulte qu’ils espèrent.

 

Observons les contextes scolaires actuels.

Comment peut-on être indifférent  aux conditions de travail subies par les élèves quand l’ambition de réussite est l’objectif prioritaire du système scolaire ?

Debout à 5h30 du matin, pour arriver à l’heure au Lycée !

Neuf heures de cours durant la journée sans aucun arrêt, pas même à l’heure du déjeuner !

Aucun outil pour apprendre !

Parqués, en plein hiver, dans la cour glaciale du collège, grelottants, en attendant que les cours reprennent !

Assis, une longue, très longue heure, à une table de cantine au lieu d’être au calme pour pouvoir continuer leur  après-midi scolaire !

Transbahutés en bus d’une école à une salle de restauration située dans un autre village, ne pouvant plus être attentifs en classe le reste de la journée !  

Prisonniers des notes depuis que leurs parents les reçoivent – tout au moins ceux qui ont Internet à leur domicile - saisies en ligne par le professeur lui-même !

Après une journée de cours, encore trois heures de travail à la maison !

 Etc.  Etc. …..

Nombreux sont les adultes qui ignorent les souffrances que vivent les élèves et, par contrecoup, les enseignants et tous les adultes qui les entourent. L’ergonomie leur demande de prendre conscience de ces réalités, elle souhaite les alerter car il en va de l’avenir de l’École. Illusion que de penser que tous les élèves pourraient apprendre quelles que soient les exigences  imposées par les contextes d’apprentissage ! Utopie que d’imaginer que, dans ces conditions, les enseignants puissent atteindre les objectifs fixés par les programmes !

Ainsi, si nous jugeons que l’École doit être le lieu de l’égalité des chances, le moment dans la vie du Jeune qui va lui permettre de construire les multiples compétences qui l’aideront dans sa vie future -qui ne sera pas toujours des plus faciles-, alors ouvrons le chantier des conditions de vie et d’apprentissage des élèves. Et demandons-nous ce que nous pourrions faire  avec les responsables politiques, les collectivités territoriales, les parents, les personnels de l’Éducation nationale, les associations impliquées dans la vie des établissements, pour permettre à tous les jeunes d’être des élèves heureux.  

Il est temps d’admettre qu’en améliorant les conditions de travail, chaque problème posé pourra être traité sinon résolu.  

Prendre en compte les réalités de travail de chacun, c’est accepter tout simplement de changer les représentations communes et partagées dans notre société sur l’École. C’est admettre qu’enseigner ce n’est pas uniquement transmettre des savoirs dans n’importe quelles conditions. C’est comprendre que l’Élève a besoin que son contexte d’apprentissage soit réfléchi au regard des ambitions d’apprentissage qu’il est en droit d’avoir, comme les adultes qui l’entourent. Comment se fait-il que la compétence « ergonomique » soit absente quand un établissement décide d’aménager les temps, les espaces, les activités, en bref, l’ensemble des contraintes que vont devoir vivre les élèves et les adultes œuvrant dans la même structure ?

Une fois que la vie dans les établissements permettra à chacun de trouver sa place et de réaliser le travail qui lui est demandé, alors la société pourra faire des choix politiques qui s’appuieront sur les valeurs d’égalité des chances pour tous, pour les élèves par rapport à la réussite scolaire et à leur intégration dans leur vie professionnelle future mais aussi  pour tous les adultes dans l’efficacité de leur travail et le déroulement de leurs carrières.

 

Quelles pistes suivre ?

1 Respecter aux mieux les besoins fondamentaux de l’élève.

Qu’est-ce que l’ergonome entend par cette affirmation ?

La réponse est évidente : il faut que l’élève puisse avoir une qualité de vie personnelle adaptée aux exigences de son travail, qu’il ait une représentation toujours positive de ses capacités à réussir, qu’il comprenne où il va et pourquoi et enfin qu’on lui ait donné des outils pour apprendre. Le schéma suivant résume cette affirmation :

 

 




 

 

 Besoins d’outils

pour apprendre

 

+

 

Besoins de sens, de cohérence

 

+

 

Besoins affectifs

Être sécurisé, aimé, en confiance

 

+

 

Besoins biologiques

             Alimentation   Sommeil    Repos    Temps personnels

 

 

 

 Ensemble des besoins que l’élève doit satisfaire pour trouver le meilleur équilibre possible dans sa situation scolaire (extrait de Stop à l’échec scolaire, Ed De Boeck, 2010 p.35)

 

Voilà en réalité les conditions pour un aménagement ergonomique des situations scolaires : respecter les besoins fondamentaux des élèves. L’ergonomie  affirme, de la plus forte des façons qui soit, que la seule chose qui soit généralisable à toutes les situations de travail qu’elles produisent des services, des objets industriels, etc., ce sont les connaissances sur les individus eux-mêmes. Il en est de même dans le cadre de l’aménagement ergonomique des situations scolaires ; seules les connaissances sur les enfants, les adolescents et l’ensemble des adultes travaillant dans ces situations-là de travail sont généralisables au monde de l’École.

 

2 Former les acteurs des temps périscolaires

La complémentarité entre les projets conduits par les acteurs de l’Éducation nationale  et  des collectivités territoriales est une nécessité pour accompagner efficacement les jeunes dans leur développement intellectuel. Certes, les temps hors temps scolaires sont le plus souvent délégués à des associations qui font  l’effort de former leurs animateurs. Ces derniers n’ignorent pas que le besoin de cohérence entre le monde scolaire et les moments dits non scolaires est une nécessité pour garantir l’efficacité des investissements humains et matériels engagés.

L’équilibre nécessaire et indispensable que les enfants vivront dans les différents moments vécus dans l’École, entre les temps scolaires et les temps périscolaires et extrascolaires, est dépendante des représentations que chacun  a de sa propre mission.

La formation des adultes peut être alors une garantie pour un accompagnement le plus harmonieux possible du jeune dans son développement intellectuel.

Quel projet défendre vers les acteurs des temps périscolaires pour composer une complémentarité nécessaire  pour le jeune élève ?

L’approche systémique proposée par l’ergonomie s’impose. Les questions à traiter ne sont donc pas uniquement « quand et quoi faire avec lui ? » mais doivent aussi permettre de trouver des réponses à  l’objectif d’accompagner les enfants en adéquation avec les intentions de l’école et de la famille. Car le chemin est difficile pour que les jeunes s’approprient les valeurs citoyennes qu’ils doivent faire vivre tout au long de leur vie. Ce citoyen, adulte en devenir, doit comprendre que pour apprendre efficacement en classe il doit maîtriser certaines habiletés comme se sentir responsable, devenir autonome dans son travail, maîtriser ses émotions, garder ou retrouver une réelle confiance en lui, etc… Les  animateurs devront mettre en place des activités qui vont  permettre aux enfants et adolescents d’apprendre à être responsables, autonomes, rigoureux tout en restant confiants dans leur capacité à suivre avec bonheur le chemin de la vie. En bref, les activités des temps périscolaires et extrascolaires doivent non seulement permettre au jeune de satisfaire ses besoins fondamentaux mais également lui permettre de consolider des compétences préalables et nécessaires à l’apprentissage scolaire. Quelle lourde mission pour les responsables de ces temps-là, animateurs ou autres…..  

 

3 Informer les parents sur les besoins de leurs enfants

Il est temps de mettre le projet de la formation des parents au difficile métier de « parents d’élèves » sur l’établi. Formons ce vœu pour 2012. Il est urgent de revoir les contenus des rencontres qui ont lieu au moment de la rentrée scolaire. Réunion inutiles quand le Parent entend le même discours tous les ans, depuis que son premier enfant a investi l’établissement, sur les programmes, les règles de vie et les sanctions appliquées dans l’établissement. C’est bien simple ils n’y assistent plus. Les raisons de leur absence sont multiples. Première raison : ils entendent tous les ans la même chose. Deuxième raison : ils ont une histoire tellement douloureuse avec l’école qu’ils craignent d’y aller. Troisième raison : ils travaillent tout simplement et ne sont pas disponibles aux heures prévues pour ces rencontres. Quatrième raison : ils craignent de ne pas comprendre ce qui va se dire. Cinquième raison : ils ont peur d’entendre des remarques négatives sur leur propre enfant. Etc. ….Il ne fait aucun doute que si l’objectif de ces rencontres parents professeurs était de construire une complémentarité efficace pour permettre à chaque l’élève de réussir au mieux dans ses apprentissages scolaires ont risquerait d’avoir moins d’absentéisme parental. C’est une gageüre à prendre.

En bref l’ergonomie a l’ambition de mobiliser toute la communauté scolaire afin d’aménager pour tous les élèves des conditions de vie et de travail  afin qu’ils soient plus disponibles pour apprendre.   

 

En conclusion,

un citoyen, qu’il ait des enfants scolarisés ou pas, peut-il accepter que le système éducatif de son pays n’arrive pas à contrôler les effets discriminatoires liés à l’origine sociale des élèves ?

Les parents peuvent-ils souffrir que ce soient les mauvaises conditions de travail dans les établissements scolaires qui soient le déterminant de  l’échec de leurs enfants ?

Est-il possible que les enseignants oublient qu’apprendre à apprendre est une priorité à tous les niveaux scolaires ? 

Sans risque, nous pouvons répondre par la négative à toutes ces questions et se demander pourquoi faut-il que la représentation commune et partagée par beaucoup trop d’experts et de politiques sur le système scolaire, le limite à la  transmission de compétences et connaissances appuyées sur la maîtrise des savoirs savants ; elle gomme l’analyse des contextes d’apprentissages et, pire, elle élimine de ses priorités la construction des compétences indispensables pour se débrouiller dans la vie.

L’efficacité des situations d’apprentissage scolaire et donc la réussite des élèves sont  indissociables d’une prise en compte de leurs conditions de travail ….pour le bonheur des élèves, des enseignants et de tous les autres.

Espérons qu’en 2012 l’Ecole comprenne l’intérêt de prendre en compte les conditions de travail dans les établissements pour améliorer leurs performances.

 

 

 

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4 janvier 2011 2 04 /01 /janvier /2011 15:43

En 2008, Julien Grenet, chercheur en économie, évalue l'impact du mois de naissance sur les trajectoires scolaires et professionnelles en France. Je le site:" notre étude montre que dans le contexte institutionnel français, les effets du mois de naissance sur la réussite scolaire ne sont pas transitoires, comme on le considère généralement, mais affectent durablement les trajectoires scolaires des élèves."

 

Quel commentaire faire de cette information qui a été largement reliée par les média?

 

Qu'a donc de si particulier un enfant qui né en décembre pour que sa destinée soit marquée d'une pierre noire?

 

En bref que nous dit cette étude?

 

Elle nous raconte tout  simplement que l'individu a une vitesse de développement personnelle, liée à son histoire personnelle c'est à dire  que sa croissance physique et intellectuelle est le résultat de la relation permanente entre ses réalités biologiques génétiques et le monde dans lequel il grandit. Ses réalités biologiques correspondent entre autres déterminants à son âge de naissance. Ses réalités contextuelles constituent en particulier l'équilibre affectif dans lequel il grandit. Ainsi la vitesse de développement est différente selon les individus puisque chacun a une histoire personnelle et des réalités biologiques singulières. A chacun sa vitesse de développement en lien avec son stock génétique, sa bonne ou mauvaise santé, son environnement affectif, etc...

Donc il est logique que lorsqu'on isole un paramètre comme la date de naissance sur un très gros échantillon ( plus 7000 individus)  l'effet de la variable date de naissance puisse apparaître.

Cependant,  nous savons tous que le problème de la difficulté scolaire ce n'est pas la date de naissance de l'élève mais le fait que l'école normalise la vitesse de développement des enfants. Les contextes scolaires actuels excluent ou marginalisent, pire stigmatisent, celui qui grandit moins vite que les autres. Ces différences entre les enfants peuvent - et nous en sommes tous convaincus- être  causées  par le fait qu'il est né en décembre alors que les enfants qui fréquentent la même classe ont pour certains un an de plus.

A contrario, remarquons que comme chaque enfant a une vitesse de développement personnelle il n'est pas étonnant de constater que parfois des enfants nés en décembre ont grandi plus vite que d'autres et ont, à 3 ans, un niveau de développement langagier ou moteur ou les deux, plus avancés que des enfants nés en janvier de la même année! C'est tout simplement l'histoire de chacun.

 

En conclusion, Il y a un danger réel à interpréter trop rapidement les conclusions de l'étude menée par Grenet.  Elle nous demande d'être trés prudents quant à la généralisation de ses conclusions à tous les enfants nés en décembre . Les recherches menées sur de gros échantillons  ont  pour but  de montrer de façon statistique l'impact d'une variable sur une  phénomène.  Elles ne nous racontent en aucun cas une réalité définitive et généralisable à tous

 

Parents d'enfants nés en décembre vous voilà rassurés.

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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 13:07

Pour d’autres perspectives pédagogiques : prendre en compte les conditions de travail des élèves.

« L’Élève au centre du dispositif scolaire ». Voila une formulation largement galvaudée ! Et si nous lui redonnions son sens premier….

Qu’est-ce qu’une situation scolaire dite ergonomique ? Ce qualificatif a-t-il un sens ? La réponse est évidente pourtant : une situation scolaire peut être qualifiée d’ergonomique quand elle a créé un réel équilibre, une réelle compatibilité entre l’Élève, être singulier évidemment, et les contraintes qui lui sont imposées. Aménager la situation de travail de l’Élève doit donc s’appuyer sur l’évidence que s’Il ne peut satisfaire ses besoins fondamentaux, Il aura des difficultés à s’impliquer dans le travail scolaire. Donc le déterminant des dispositifs qui vont être mis en place doit être le respect du Jeune et de ses besoins fondamentaux. L’Élève au centre du dispositif scolaire.

Mais qu’entend-on par besoins fondamentaux de l’Élève ?

Les besoins que doit satisfaire l’Élève pour faire son « métier » sont multiples. Il doit en premier lieu satisfaire ses besoins biologiques primaires : ses besoins alimentaires et ses besoins de sommeil. Comment peut-on imaginer qu’un ventre vide puisse apprendre ? Comment peut-on concevoir que l’enfant puisse suivre des activités scolaires après 14h s’il n’a pas fait la sieste alors qu’il en a encore besoin ? C’est justement pendant le sommeil que l’élève met en mémoire ce qu’il a appris pendant l’éveil ! S’il n’a pas des temps de repos pendant la journée pour reprendre son souffle, s’il n’a aucun temps personnel pendant lequel il fait ce qu’il veut et même il ne fait rien, moment indispensable pour le développement de sa personnalité, quel adolescent va-t-il être, quel adulte sera-t-il ?

La deuxième catégorie de besoins fondamentaux, c’est la satisfaction des besoins affectifs et du sentiment de sécurité. Nous avons noté combien l’affectivité, c'est-à-dire tout ce qui a trait aux émotions, aux sentiments, intervient dans les apprentissages. L’enfant qui a peur, qui est angoissé, ne peut pas apprendre. Avoir confiance en soi est une nécessité pour comprendre le monde, pour apprendre le monde.

La troisième catégorie de besoins est lié au fonctionnement même des processus mentaux : s’il ne comprend pas ce qu’il essaie d’apprendre et pourquoi les savoir qu’il doit apprendre sont indispensables à maîtriser pour avancer dans sa scolarité, il n’apprendra pas ; s’il ne peut faire des liens entre son expérience personnelle, ce qui lui est demandé d’apprendre, ce qu’il vit à l’instant et ce qu’il sait déjà, il ne comprendra pas pourquoi il doit apprendre et il n’apprendra pas.

La quatrième catégorie de besoins revendique la nécessité de posséder des outils pour apprendre. Le fonctionnement de la mémoire humaine est à l’heure actuelle bien compris et affirme que, pour apprendre, une succession précise d’activités mentales sont indispensables. Qu’en est-il dit aux élèves ? Ne leur donne-t-on pas à penser que chacun apprend différemment ? Que certains ont de la mémoire et d’autres pas ? Quand se décidera-t-on à leur donner des outils pour apprendre ? Nous verrons que c’est un des grands chantiers à mener si l’École ne veut pas laisser de plus en plus d’élèves sur le bord de la route des apprentissages. 

L'ambition d'un aménagement ergonomique des situations scolaires  impose le respect des besoins fondamentaux des élèves. Car l’ergonomie affirme, de la plus forte des façons qui soit, que la seule chose qui soit généralisable à toutes les situations de travail qu’elles produisent des services, des objets industriels, etc. , ce sont les connaissances sur les individus eux-mêmes. Il en est de même dans le cadre de l’aménagement ergonomique des situations scolaires ; seules les connaissances sur les enfants, les adolescents et l’ensemble des adultes travaillant dans ces situations-là de travail sont généralisables au monde de l’École. Pourquoi se priver de ces savoirs-là qui aideraient à trouver le meilleur compromis possible pour chaque situation scolaire forcément unique et évidemment singulière par son collectif humain, par ses espaces, par son cadre culturel et économique, etc… ?

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27 septembre 2010 1 27 /09 /septembre /2010 12:39

Approche ergonomique de la souffrance des élèves

 

par Nicole Delvolvé[1]

 

 

Afin d’aider tous les enfants et adolescents à être des élèves heureux et donc plus tard des adultes bien dans leur vie, il est urgent de traiter les causes des souffrances qui s’expriment dans le monde scolaire.

La première question à laquelle il faut donner une réponse est la définition du concept de souffrance car la polysémie de cette notion rend difficile son analyse et donc son contrôle. Les sens différents attribués au concept de souffrance n’ont-ils pas leur origine dans les différents cadres théoriques qui s’en préoccupent ?

S’appuyant sur les bases biologiques et psychologiques du fonctionnement de l’être humain, souffrance est associée à stress, fatigue, angoisse, énervement, peur, maladie, dysfonctionnement biologique. Souffrance cardiaque. Souffrance respiratoire. Etc.

Se référant au comportement du sujet, souffrance est associée à fuite, décrochage, violence, rejet, refus, démotivation, difficultés éprouvées dans la situation vécue qu’elle soit scolaire ou autre …..

Mais que l’on fasse référence aux bases fonctionnelles biologiques et psychologiques de l’être humain ou à leurs expressions comportementales les causes de la souffrance sont à rechercher dans la notion de conflit entre l’individu, ses réalités propres, biologiques, cognitives, psychologiques, sociales - ce même individu étant évidemment porteur de son histoire personnelle - et ce qui lui est demandé de vivre. Il doit vivre et grandir dans un monde fait de nombreuses réalités tellement multiples, hétérogènes et instables qu’il serait utopique de penser pouvoir les inventorier de manière exhaustive et les traiter toutes.

Face à ces réalités complexes que propose l’ergonomie ?

L’ergonomie (ou Human Factors) est la discipline scientifique qui vise la compréhension fondamentale des interactions entre les humains et les autres composantes d’un système… en vue d’optimiser le bien-être des personnes et la performance globale des systèmes. Les praticiens de l’ergonomie, les ergonomes, contribuent à la planification, la conception et l’évaluation des tâches, des emplois, des produits, des organisations, des environnements et des systèmes en vue de les rendre compatibles avec les besoins, les capacités et les limites des personnes.(IEA, 2008)

L’ergonomie propose de mieux penser l’équilibre entre l’individu et son environnement, tout en étant consciente des limites auxquelles elle se heurte face à certains aspects qui définissent l’individu à un moment donné. Impossible de reconstruire une histoire personnelle très douloureuse mais par contre donner des outils à l’élève pour qu’il avance quand même vers une vie heureuse, c’est là l’ambition et les limites affichées de l’ergonomie appliquée à la situation scolaire. Force est de refuser que l’école soit elle-même génératrice de souffrance. Et pourtant ! Combien d’adultes ignorent qu’un diagnostic public « d’élève en difficultés » est une souffrance insurmontable pour certains jeunes. Tous n’ont pas la capacité de continuer à donner du sens à leur vie d’élèves quand leurs journées sont jalonnées par des mauvaises notes ou des remarques négatives sur leurs « mauvais » comportements. La résilience n’est pas un don distribué à chacun à la naissance !  

L’ergonomie définit  le concept de souffrance comme le résultat sur le sujet opérateur du conflit qu’il doit supporter entre ce qu’il est (états biologique, affectif, cognitif, social,…, histoire personnelle) et ce qu’on lui demande de faire.

Les notions de compatibilité ou d’adéquation ou d’équilibre sont les objectifs visés par l’ergonome. Quand il y a conflit entre ce qu’est l’opérateur du point de vue biologique, psychologique, cognitif, conatif, et les conditions de travail auxquelles il doit répondre du point de vue des relations humaines mais aussi par rapport aux organisations temporelles, matérielles, économiques, c’est souffrance pour l’opérateur. Quand il est demandé à un élève d’apprendre alors que son cotexte de vie ne lui permet pas de satisfaire ses besoins biologiques ou affectifs alors il n’arrivera plus à apprendre. L’expression première de ce conflit pourra être le repli sur soi, le refus de s’investir, l’absentéisme, la violence, des troubles psychosomatiques, etc… Ces profils comportementaux sont le plus souvent traités de manière curative alors que l’ergonomie propose une démarche préventive.

L’incompatibilité entre les deux éléments de l’interaction ( éléve et contexte ) crée un conflit qui engendre de la souffrance avec sa kyrielle d’effets secondaires.

Sur quelles bases l’ergonomie s’appuie-t-elle pour prévenir le plus possible les dysfonctionnements observés afin de créer cet équilibre reconnu comme extrêmement fragile ? Réaffirmons encore qu’elle ne prétend pas traiter les douleurs que certains élèves portent en eux en raison d’histoires personnelles délétères mais elle affirme que l’Ecole, au non de l’égalité des chances, n’a pas le droit de les renforcer.

Il est donc fondamental que l’Ecole - définie de manière globale -  c’est à dire en impliquant tous les acteurs des temps scolaires, périscolaires et extrascolaires, s’assure que chaque élève puisse le mieux possible satisfaire ses besoins fondamentaux. L’équilibre donc le conflit sera d’autant mieux contrôlé que les besoins biologiques, affectifs, cognitifs et d’outils pour apprendre, seront satisfaitS.

 Cet objectif immense de préserver l’équilibre de la situation élève-travail engage plusieurs projets. Les investir tous serait la posture la plus efficace pour préserver le bonheur de l’élève et son avenir d’adulte :

 

1- Éviter de mettre des élèves en situation de souffrance, c’est leur permettre de satisfaire leurs besoins biologiques

 

Quelques questions à traiter d’urgence :

Ont-ils tous déjeuner le matin avant de commencer leur matinée, qu’ils soient tout-petits en école maternelle ou très grands au lycée ?

Ont-ils tous dormi suffisamment pour faire avec efficacité leur métier d’élèves ? Les temps scolaires et les rythmes de l’élève, un enjeu qu’il est urgent de régler pour moins de souffrance dans les situations scolaires.

Ont-ils tous des espaces pour faire de vraies pauses pendant leurs longues journées de classe ou de cours ?

Qui leur apprendre à faire la pause qui leur permettrait  de recréer des capacités pour une efficacité de leur travail scolaire : pourquoi se reposer est-il associé à un manque de conscience du travail et de ses exigences?  Pourquoi n’y a-t-il pas d’espaces dans les établissements scolaires pour satisfaire cette ambition ?

Etc.  

 

2- Éviter de mettre des élèves en situation de souffrance, c’est leur permettre de satisfaire leurs besoins psychologiques.

 

Ne pas avoir peur de se tromper !

Comprendre que c’est normal de ne pas savoir quand on est en train d’apprendre ! Trouver du plaisir à apprendre !

Pourquoi toujours la note alors qu’elle enfonce celui qui a une mauvaise note dans l’idée que la réussite scolaire c’est pour les autres?

Etc.

 

3- Éviter de mettre des élèves en situation de souffrance, c’est  leur transmettre des outils pour apprendre. 

 

Pourquoi la France n’apprend-elle pas aux élèves à apprendre alors que les directives européennes l’y invitent?

Pourquoi continuer à véhiculer l’idée que le cerveau est un organe du corps humain qui aurait des réalités fonctionnelles strictement personnelles ? Nous sommes tous d’accord pour reconnaître que dans une même situation chaque individu réagit différemment. Par contre les neuroscientifiques ont depuis longtemps démontré comment fonctionne la mémoire humaine et quelles conditions doivent être respectées pour apprendre c'est-à-dire construire de nouvelles traces mnésiques en d’autres termes de nouvelles connaissances ?

Pourquoi continue-t-on de faire le diagnostic d’élèves « intelligents » et d’élèves « nuls » ? Bien sûr si on attend trop longtemps pour lever le verrou cognitif ou conatif qui l’empêche d’apprendre, oui il sera « irrécupérable » et les adultes seront confortés dans leur propre prévision ! 

 

 

4-Éviter de mettre des élèves en situation de souffrance, c’est aussi répondre à d’autres questionnements :

 

Pourquoi leur donner encore du travail à faire en dehors des temps scolaires alors qu’ils n’ont pas tous, les temps, les espaces, la liberté, de le faire?

 

Pourquoi ignorer le lien indissoluble entre enseignant et élève ? Améliorer les conditions de vie et de travail des élèves pour améliorer les conditions de travail et donc le bien être des enseignants. Améliorer les conditions de vie et de travail des élèves pour une meilleure perception par l’enseignant de l’efficacité de son travail et des ressentis qu’il exprime par rapport au plaisir d’enseigner

Améliorer les conditions de vie et de travail des élèves pour une réelle harmonie dans les établissements scolaires.

 

 

En conclusion

L’ergonomie est une science humaine qui refuse l’idée du bon ou du mauvais élève, du bon ou du mauvais enseignant, du bon ou du mauvais établissement.

Elle engage toute la communauté éducative à rechercher le meilleur compromis possible entre facteur humain et contraintes contextuelles pour éviter la souffrance au travail de chacun, enseignants, élèves et les autres

 

 

 

Bibliographie

 

Damasio, A.R. (1995) L’erreur de Descartes : la raison des émotions, Ed. O.Jacob.

 

Delvolvé, N. (2004), Mon enfant, cet élève. Le guide pour tous les parents, Ed. Milan.

 

Delvolvé, N. (2005) Tous les élèves peuvent apprendre. Approches psychologiques et ergonomiques des apprentissages scolaires. Ed. Hachette Education.

 

Gardner, H, (2008), Les intelligences multiples, Ed. O.Jacob

 

Delvolvé, N. (2010) Stop à l’échec scolaire. L’ergonomie au secours des élèves, Ed. De Boeck, Bruxelles.

 

 

 



[1] Enseignant Chercheur IUFM Midi Pyrénées

nicole.delvolve@toulouse.iufm.fr

Tel 05 62 25 20 62

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21 septembre 2010 2 21 /09 /septembre /2010 10:31

L’école souffre d’un mal appelé « conditions de travail »

 

« Aucun homme libre ne doit s’engager dans l’apprentissage

       de quelque connaissance que ce soit en esclave »      Platon

 

Cette  réflexion n’est pas une critique de  l’Ecole. C’est un cri d’alarme, une mise en garde s’il est vrai que nous souhaitons tous que les élèves soient plus heureux dans leurs parcours scolaires.  C’est tout simplement l’affirmation d’une évidence qui insiste sur la nécessité de prendre en compte  ce qui se passe à l’heure actuelle dans les situations scolaires afin que les dysfonctionnements repérés soient mieux contrôlés. Cette étape descriptive est indispensable pour trouver des solutions afin que les enseignants et les élèves accomplissent avec la plus grande efficacité leurs missions respectives. Elle conditionne l’efficacité des choix à venir en faisant vivre les valeurs d’égalité des chances et de solidarité au sein des établissements. En effet, l’observation des réalités scolaires actuelles démontre l’urgence de comprendre les conditions de travail des élèves afin d’agir pour une évolution positive de leurs contextes d’apprentissage. Cette confrontation avec les réalités dans lesquelles les élèves apprennent permet d’appréhender l’inutilité des idées qui proposent des aménagements dont l’efficacité est un rêve inaccessible dans l’état actuel des établissements scolaires. 

En effet, les écrits parlant de l’Ecole sont tellement nombreux que chacun, quel que soit son contenu, entraîné dans ce flot qui enfle toujours, est rangé dans le rang de l’inutile. L’enjeu qu’ils défendent est bien entendu de « faire réussir tous les élèves ». D’où l’insistance mise sur la scolarité obligatoire, sur l’inventaire des compétences que les élèves doivent maîtriser en fin de scolarité, sur l’orientation scolaire, sur la mixité sociale et la carte scolaire, sur l’évaluation des élèves, des enseignants et des établissements, sur les nouvelles technologies de l’information au service des apprentissages, etc.. Sont alors remis en cause le métier de l’enseignant, la responsabilité des établissements, la capacité de l’Ecole à éduquer et former en partenariat, notamment, avec les parents d’élèves. Certes, ces différents axes visés et les moyens de les atteindre font consensus dans toute la communauté éducative. Le problème est qu’ils ne traitent pas les obstacles que l’Ecole rencontre ! Ils n’apportent pas de solutions concrètes aux réalités que les enseignants, les personnels administratifs et les élèves doivent gérer au quotidien dans les établissements. Trop peu de publications analysent les causes des dysfonctionnements observés. Et les choix proposés ne sont hélas ! que des pansements posés sur un objet malade qu’est l’Ecole.

Et force est de constater que moins on traite les causes des difficultés et plus cela justifie le développement de projets qui n’ont pas d’efficacité sur les problèmes rencontrés en établissement. Ce cercle vicieux entretient la nécessité de continuer à publier de nouvelles idées toutes aussi  difficiles à mettre en œuvre les unes que les autres. Chacun développe des conseils éclairés en terme d’orientation des élèves, de gestion des comportements de violence exprimés par certains élèves, de façon dont la société pourrait aider ceux qui sont en décrochage scolaire ou en refus d’apprendre, de priorité en terme de compétences à maîtriser, de remise en cause de méthodes pédagogiques, etc..

Trop rares sont ceux qui traitent des causes profondes des obstacles  auxquels se heurtent les enseignants et les personnels administratifs. Comme si le décrochage scolaire, les comportements de violence, les classes difficiles, étaient des maux aux causes irréversibles et donc, pour lesquels, seule une démarche curative permettrait d’y remédier.

Mais alors de quoi souffre donc l’Ecole ?

Une évidence s’impose à tous ceux qui s’intéressent à l’Ecole : il est urgent de prendre en compte les conditions de travail des élèves avant qu’il ne soit trop tard !

Qu’est-ce qui nous aveugle, nous les adultes, au point d’ignorer ce qu’ils vivent dans les établissements scolaires ? Comment, en oubliant les contraintes qu’ils supportent, pouvons-nous avoir l’ambition d’améliorer leur niveau scolaire, d’éviter qu’il y en ait en grande difficulté d’apprentissages, de comprendre les forces et les faiblesses de notre système, d’appréhender pourquoi ce système est injuste, d’analyser la place de la France par rapport aux pays économiquement comparables, de faire le diagnostic de la qualité d’un établissement, de comprendre pourquoi le redoublement est un dispositif rarement efficace mais trop souvent  dommageable ? 

Il est temps d’admettre qu’en améliorant les conditions de travail, chaque problème posé pourra être traité sinon résolu. Car il suffit d’aller dans les établissements pour faire le constat que les conditions de travail ont été oubliées. En effet, il y a une évidence qui apparaît dès que l’on entre dans une école, un collège ou un lycée : les  contraintes supportées par les élèves, les enseignants et les personnels techniques et administratifs sont dramatiquement délétères. Les élèves ont des journées parfois de 9 heures de cours avec une pause d’une heure en milieu de journée. Et il leur est demandé d’être efficaces dans leur travail scolaire ! Les professeurs n’ont même pas une salle calme pour se retirer durant leur longue journée de travail. Même pas un espace ni un moment pour échanger leurs projets pédagogiques avec les collègues et les personnels techniques et administratifs. Le « vivre ensemble » est encore une utopie dans nombre d’établissements. Et la communauté s’étonne qu’ils ne restent pas motivés tout au long de leur carrière ! Les documentalistes sont contraints de fermer le CDI aux heures où les élèves pourraient y aller travailler. Et la société voudrait qu’ils s’investissent dans un travail alors qu’au quotidien ils en comprennent les failles sans pourvoir les gérer. Etc.….

On ne peut que regretter qu’à l’heure actuelle, dans les établissements, les conditions de travail ne fassent pas partie des éléments à prendre en compte en premier quand, par exemple, l’aide aux élèves en difficulté est proposée. Quel gaspillage au niveau humain et financier !

Proposer une aide au travail scolaire à la fin d’une journée épuisante, génératrice d’un état de stress qui mange toutes les ressources pour travailler, et s’étonner que les performances scolaires des élèves concernés ne s’améliorent pas, c’est méconnaître les besoins des jeunes. Pourtant  organiser leurs activités  pour qu’en fin de journée ils soient encore disponibles pour apprendre, c’est possible et même cet objectif peut n’engager aucun coût financier. Contrairement à certains choix onéreux et inefficaces, aménager leurs situations de travail permettrait – au moins en partie et sous certaines conditions – de palier le problème du décrochage scolaire. Remarquons cependant que les initiatives en établissements, visant à donner aux élèves les meilleurs contextes pour réussir, sont nombreuses mais trop ponctuelles, trop « expérimentales», pour être comprises et généralisées. Prendre en compte les réalités de travail de chacun, c’est accepter tout simplement de changer les représentations communes et partagées par toute la société sur l’Ecole. C’est admettre qu’enseigner ce n’est pas uniquement transmettre des savoirs dans n’importe quelles conditions. C’est comprendre que l’Elève a besoin que son contexte d’apprentissage soit réfléchi au regard des ambitions d’apprentissage qu’il est en droit d’avoir, comme les adultes qui l’entourent. Quelle illusion que de penser que tous les élèves pourraient apprendre quelles que soient les exigences dans lesquelles ils font leur travail d’Elève ! Comment se fait-il que la compétence « ergonomique » soit absente quand un établissement décide d’aménager les temps, les espaces, les activités, en bref, l’ensemble des contraintes que vont devoir vivre les élèves et les adultes oeuvrant dans la même structure ?

Car les problèmes principaux auxquels l’enseignement primaire et secondaire est confronté ce ne sont pas à priori ceux concernant les enseignants, leur évaluation, leur carrière, leur formation et leur recrutement – même si, sur ces aspects, une réflexion  est justifiée -, ni   l’Ecole, son évaluation et sa capacité à réaliser ses missions, pas plus les établissements scolaires et leurs aptitudes à tenir leurs rôles, non, le vrai problème fondamental est tout simplement les conditions de travail dans les établissements. Une fois que la vie dans les établissements permettra à chacun de trouver sa place et de réaliser le travail qui lui est demandé, alors la société pourra faire des choix politiques qui s’appuieront sur les valeurs d’égalité des chances pour tous, pour les élèves par rapport à la réussite scolaire et à leur intégration dans leur vie professionnelle mais aussi  pour tous les adultes dans l’efficacité de leur travail et le déroulement de leurs carrières.

Ne mettons pas la charrue avant les bœufs. Le train école n’avance plus depuis plusieurs années et même il s’use dangereusement à patiner sur place sinon à marcher à reculons.

Bibliographie :

Delvolvé, N. (2004), Mon enfant, cet élève. Le guide pour tous les parents, Ed. Milan.

Delvolvé, N. (2005) Tous les élèves peuvent apprendre. Approches psychologiques et ergonomiques des apprentissages scolaires. Ed. Hachette Education.

Delvolvé, N. (2010) Stop à l’échec scolaire. L’ergonomie au secours des élèves, Ed. De Boeck, Bruxelles.

 

 

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